faire mondes
poésie est manière de vivre, d’habiter le monde, de s’ouvrir à d’autres sensibilités et perspectives, s’élargir pour faire mondes. c’est aussi ressentir, créer, transformer, parler le langage de la terre, d’une terre, et de devenir cette terre. appartenir. apprendre à voir et partager les connaissances situées, les arts vernaculaires, qui comprennent la culture, l’histoire, les récits, les usages, les mondes en présence (animal, végétal, humain, minéral), en interaction et co-évolution continues et mouvantes.
tout ce qui nous touche nous met en mouvement. nous pouvons ressentir la force de la terre pour oeuvrer à présent, depuis là où nous sommes, avec ce que nous sommes, et écrire d’autre récits, créer avec ce vivant autour de nous, nourrir notre âme et notre créativité, partager la beauté, choisir l’harmonie, et faire mondes, pour enfanter des devenirs communs.
depuis trente ans, je tresse les herbes sacrées de la restauration, de la création et de la transmission avec mes terres natales et mes communautés humaines : soutenir la résilience des êtres et des terres, leur émergence créatrice, être à leur côté dans leur traversée des sensibles, vivre avec ce qui est autour de nous et avec notre époque, tisser des alliances fécondes avec ce qui est vie, en porter la connaissance et la sagesse, une responsabilité sacrée, pour que d’autres gardiens·nes oeuvrent sur leurs terres et auprès de leurs communautés.
“reboiser l’âme humaine”
Julos Beaucarne